Le 4ème trimestre de grossesse

Suite à une conférence d'Ingrid Bayot à laquelle j'ai assisté dernièrement, j'entame une série d'article sur le sujet car il me tient tout particulièrement à coeur et la conférence était une mine d'informations que tout le monde devrait connaître (et pas seulement les jeunes parents !). Je vais découper le sujet en plusieurs parties sinon l'article sera bien trop long. Il y aura tout d'abord cet article d'introduction, plus général sur le thème, ensuite je rentrerai plus dans les détails sur le vécu et les besoins de la mère et je rédigerai enfin un sur les besoins et l'histoire des bébés humains. Je vous parlerais peut-être aussi de comment j'ai vécu mon 4ème trimestre il y a 4 ans, c'était pas une mince affaire et d'ailleurs c'est surtout cette période qui m'effraie dans l'optique d'avoir un deuxième enfant.




La "dégestation" Très peu connu et peu considéré, le 4ème trimestre de grossesse existe bel et bien et est une période spécifique de la vie d'une maman à prendre en compte. En effet, la femme qui vient d'accoucher « n'arrête pas d'être enceinte » en une fraction de seconde bien que son bébé soit sorti de son ventre. Il faudra entre 6 semaines et 3 mois pour que le corps de la femme ne soit plus en mode « grossesse ». Pendant les 9 mois de la grossesse à proprement parlé, le corps de la femme subit d'énormes changements et bouleversements physiques. L'utérus va prendre jusqu'à 40 fois sa taille, le système respiratoire s'amplifie, vous êtes toujours en mode « marche rapide » même sans rien faire, les organes sont bousculés à gauche et à droite, l'intestin grêle absorbe jusqu'à 6 fois plus de nutriments que d'habitude, le volume sanguin augmente, afin que le bassin puisse s'élargir, vous développez une hyperlaxité... Le système cutané lui aussi est en pleine transition, il fabrique de nouvelles cellules pour permettre au ventre de grossir. Après votre accouchement, le corps a besoin de temps pour rétablir le corps « sans grossesse ». C'est ce que Ingrid Bayot nomme la "dégestation" par opposition à la gestation. Pendant cette période la maman a besoin de s'écouter, d'écouter son propre rythme et son corps. Après l'accouchement, elle doit en principe rester couchée le temps que son utérus retrouve sa taille car il exerce une pression sur le périnée et les ligaments du bassin qui sont toujours très relâchés suite au passage de bébé.

L'allaitement

L'allaitement se met aussi en place durant cette période (pour les femmes qui l'ont décidé), cela peut mettre un peu de temps et il est nécessaire d'être bien entourée. En effet, il sera plus ou moins facile à mettre en place selon l'histoire de la femme, si elle a été allaitée, si elle a vu ou non des femmes allaiter, selon la société dans laquelle elle vit, si elle est soutenue par son entourage proche ou une consultante en lactation mais aussi et surtout si elle a un entourage sur qui elle peut compter pour prendre le relais dans les diverses tâches ménagères/repas/courses. En effet, allaiter, c'est répondre « à la demande » de son nouveau-né et être 100% disponible. Allaiter prend du temps et pendant ce temps précieux pour le bébé, la mère ne peut pas faire autre chose. Alors, certes, notre société nous en donne peu mais si une mère veut allaiter son enfant, il faut tout faire pour l'aider à y arriver.

Ingrid Bayot insiste aussi en disant que ce n'est pas l'allaitement qui fatigue la femme, c'est tout le reste... . L'allaitement devrait être la norme et la priorité et tout ce qu'il y a autour devrait être organisé pour permettre à la mère de s'occuper sereinement de son enfant et d'elle-même.

Non la jeune mère n'est pas en congé Une jeune mère N'EST PAS en congé. Elle vient de faire grandir en elle un être humain pendant 9 mois (et la grossesse c'est fatigant pour le corps), elle vient d'accoucher, elle met en place son allaitement/biberon/soins, son corps doit récupérer, elle est fatiguée, les nuits sont hachées, elle doit découvrir son bébé, prendre une toute nouvelle organisation dans la famille, dans le couple et ce n'est pas rien. C'est tout sauf reposant. Comment soutenir une jeune maman ? Si vous avez une femme autour du vous qui s'apprête à être maman (peu importe si c'est la première fois ou la 4ème...), elle aura besoin d'un peu de votre temps ou de vos talents de cuisiner. Plutôt que d'offrir le dernier tipi à la mode dont n'aura que faire le petit dernier, proposez-lui votre aide pour le linge, un nettoyage, lui amener des petits plats à congeler, de garder les grands quelques heures, d'aller faire ses courses... Que sais-je encore. Tout ce qui pourra permettre à la maman d'être plus sereine, de pouvoir récupérer et de s'occuper à 100% de son nouveau-né. Bien souvent on pense que la maman a besoin quelques jours après l'accouchement, au moment des visites et puis terminé. Et bien non... La maman qui se retrouve seule entre ses 4 murs ensuite pour les 2 à 3 prochains mois, aura tout autant besoin de voir du monde, des adultes, de papoter, d'avoir quelqu'un qui berce son bébé pendant qu'elle prend une simple douche ou fait une sieste pour récupérer. Elle sera contente d'avoir des petits plats faits maisons tout prêts à être réchauffés... Sur le site d'Ingrid Bayot vous y retrouverez un fichier téléchargeable à imprimer pour proposer des « bons » cadeaux. « Bon pour une lessive » ; « Bon pour 3 plats »... Etc. Plutôt que de faire une liste de naissance classique, la maman proposera ces bons ! Avant la jeune mère vivait en tribu et elle était épaulée par toutes les femmes de la tribu. Elle avait du temps pour elle, pour se reposer, allaiter, bercer, endormir, câliner... Les autres femmes prenaient le relais. Aujourd'hui, nous sommes bien souvent seules à devoir tout gérer et il y a bien souvent trop dans l'équation.

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Ingrid Bayot est sage-femme et formatrice en périnatalité et allaitement. Détentrice d’un DU en lactation humaine et allaitement, elle assure des formations en Europe francophone et au Québec où elle réside depuis 1996.


La suite des articles : bientôt !