Notre rapport à la nourriture


J'ai entamé il y a plusieurs années une grande réflexion sur l'importance de la nourriture et de nos choix alimentaires quand j'ai appris que mon père était diabétique. J'ai été confrontée à tout un tas d'émotions et de faits dans ma démarche de ces dernières années. Je me suis rendue compte que je mangeais parfois du sucre ou de mauvais aliments pour «soutenir mon père» face à son diabète ; que l'on ne m'avait jamais appris à me nourrir, à cuisiner, à prendre soin de mon corps ; que ma mère qui m'avait allaité, m'avait aussi rejetée par moment.

Alors quand ma fille est née, cela a été la catastrophe ! J'ai eu extrêmement difficile de la nourrir (allaitement très compliqué et douloureux qui n'a duré que deux mois). Quand elle a commencé à manger solide, tous mes «automatismes» se dirigeaient vers des aliments que l'on m'avait donné jeune enfant mais que je savais comme mauvais pour elle à cette époque. Je ne savais pas comment m'y prendre, m'organiser pour les courses et les repas. Je n'avais jamais fait de soupes, de purées de légumes et encore moins consommé avec appétit des légumes vapeurs... J'ai dû apprendre, tâter, puiser en moi. Et je vous avoue que pendant longtemps elle a consommé des petits repas biologiques préparés, des compotes biologiques préparées aussi... Cela me rassurait, si moi j'étais «incapable» de lui faire un repas sain, au moins elle mangeait un repas équilibré et biologique. Oui, ça a coûté un bras. Mais voilà, on fait ce qu'on peut ! C'était mieux que des pâtes au beurre.

Et même si j'avais l'impression d'être une mauvaise mère incapable de cuire 3 légumes, au moins elle mangeait bien. Cela a été une expérience très éprouvante pour moi et culpabilisante aussi.

Cela n'a l'air de rien mais c'est très prenant en énergie de changer ses habitudes alimentaires et son mode de vie. Cela ne se fait pas en un jour et est propre à chaque personne et à chaque famille. Cela fait écho en nous à tellement de choses. C'est pour cela que les plans alimentaires et les régimes ne tiennent pas dans le temps parce qu'ils ne vont pas à la source inscrire des changements durables. On ne sait finalement pas pourquoi on les suit... Et on ne connaît pas son vrai rapport à la nourriture, on ne sait même plus pourquoi on mange!

Aujourd'hui, j'ai repris goût à la cuisine. J'apprends à faire par moi-même, à me nourrir et à nourrir ma famille. Je prends du plaisir à cuisiner des légumes ! Je suis fière de moi quand ma fille mange avec appétit son repas sain . Je n'ai jamais rien lâché même si cela a été difficile par moment. Il y a eu des périodes où j'étais incapable de cuisiner un aliment, je ne savais plus quoi faire ni comment et j'étais fatiguée de réfléchir à ça.

J'ai fait le deuil de mon allaitement raté, j'ai compris des choses sur ma relation avec ma mère (qui est décédée quand j'avais 6 ans), je n'ai jamais arrêté de m'instruire sur l'alimentation, de visionner des recettes, de tester des choses. Je comprends mieux pourquoi parfois j'ai des pulsions alimentaires (envie de sucre).

Je n'ai rien lâché et aujourd'hui je suis sur le bon chemin !

Comme quoi, ce qui est évident et facile pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre...

Pendant cette période, je me suis sentie jugée plusieurs fois et cela ne m'a pas aidé. Si au lieu de nous juger, nous essayions de nous respecter et de nous comprendre ?

Nous sommes tous différents et nous avons des vécus différents qui expliquent ce que nous sommes et nos éventuelles difficultés de vie actuelles...

Cha


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