Non la charge mentale des femmes n'est pas la faute des hommes!


On entend de plus en plus parler de burn-out parental et de charge mentale surtout présente chez les mères. Pour ceux qui ont vu passer, des illustrations ont récemment été partagées sur le net pour expliquer ce que les mères "endurent" en quelque sorte et que si leurs conjoints, les hommes, étaient plus présents, participatifs et compréhensifs, la charge mentale serait moindre chez les mamans. Alors j'en vois déjà qui doivent être offusqué(e)s à la suite de ce choix de titre.

Je voudrais tout de suite spécifier qu'effectivement si les compagnons s'investissaient plus au quotidien dans toutes les tâches ménagères ou liées à l'éducation des enfants cela allégerait la mère, c'est évident, que ce soit un conjoint ou n'importe qui ! Là où je ne suis pas forcément d'accord c'est que dans beaucoup de témoignages, d'articles ou de "bd" (féministes?) la faute est très souvent rejetée uniquement sur l'homme. Cet espèce de machin qui ne comprend rien, qui ne fait rien et qui serait la cause des "pétages de plomb" des mamans. Je pense sincèrement que si la charge mentale chez les mamans est si importante aujourd'hui dans notre société c'est à cause de multiples facteurs et ce n'est pas uniquement "la faute des hommes". Je ne suis ni sociologue ni anthropologue et encore moins psychologue, j'expose juste mon point de vue et ce que je pense sur le sujet grâce à mon expérience de vie.





Le manque de confiance en soi

De nos jours les individus sont dépendants des institutions, le médecin sait mieux que toi ce qui se passe dans ton corps, ton médecin a le droit de dire à ton employeur par un certificat "oui c'est vrai Madame, votre employé est bien malade, je lui ai mis la semaine". Les équipes médicales savent mieux accoucher les femmes que les femmes elles-mêmes. L'école sait mieux que toi comment éduquer ton enfant. Les crèches s'occupent mieux que toi de ton nouveau-né. Il est évident que cela n'aide pas les mamans à avoir confiance en elles et à écouter leur instinct et leur enfant! Avec un manque de confiance en soi, le stress est présent. Nous avons peur de mal faire, peur de ne pas bien interpréter les signes par exemple si bébé est malade. Nous avons peur "d'être à côté de la plaque". Face à ces peurs induites par un manque de confiance en soi le stress est permanent... Et tout le monde sait à quel point le stress peut épuiser et pomper de l'énergie. Reprenons confiance en nous et en nos capacités !

La pression de la société

Je trouve que le rythme actuel que le salariat impose n'est pas compatible avec la parentalité "active". Pour moi c'est impossible de travailler à temps plein, d'être une maman disponible 24h/24, de s'occuper de sa maison et de soi-même et d'être disponible en prime pour passer des moments de qualité avec son conjoint. Il y a trop d'éléments dans l'équation pour pouvoir être serein, équilibré et surtout investi à 100% dans chaque domaine! Nos vies sont trop rythmées, trop compliquées et trop remplies.

Avoir des enfants, s'en occuper, se connecter à eux, les allaiter, les éveiller, les encadrer, les nourrir, les soigner, jouer avec eux... Tout cela demande un réel investissement à 100%! S'occuper d'un enfant c'est un travail complexe qui demande énormément de don de soi, de temps et d'énergie. Une maman seule, un cerveau seul, ne peut pas remplir toutes les fonctions chaque jour de l'année pendant des années d'affilée 24h/24. Je trouve cela génial que les femmes puissent travailler autant que les hommes, faire de grandes carrières et s'épanouir dans leur métier mais pour moi ce n'est aucunement compatible avec un enfant en bas-âge (0-3 ans) qui a impérativement besoin de sa mère. Alors oui, les mères craquent, les mères sont fatiguées parce qu'elles sont sur tous les fronts!

Les hommes ne sont pas des femmes

Ça vous en bouche un coin ? Mais j'ai quand même l'impression que beaucoup oublient cette petite, légère, distinction entre les deux sexes. Jusqu'à 3 ans (sevrage humain) la mère reste la première personne de contact, d'amour, d'affection de l'enfant. C'est elle qui le nourrit dans tous les sens du terme. Oui le père peut donner de l'amour, câliner, changer les couches, donner un bain mais la plus grosse partie du "travail" affectif et émotionnel reste à charge de la femme, de la mère. C'est juste biologique. Ce n'est pas vraiment le rôle des hommes, "biologiquement" parlant. Et il n'y a rien de machiste là dedans. Certes, il y a des hommes aujourd'hui beaucoup plus ouverts et disponibles et heureusement qu'ils essaient aussi d'évoluer avec "leur temps" comme on dit. Leur part d'investissement dans l'éducation est plus importante que la génération de nos parents ou grands-parents. Leur implication dépend aussi de plusieurs facteurs, notamment de l'éducation qu'ils ont reçue et de la relation qu'ils ont eu eux-mêmes avec leur mère ou père. Ayant été élevée par mon père la plus grande partie de ma vie, je me suis bien rendue compte que chez l'homme, ce n'est pas du tout inné de s'occuper d'un enfant! Et jamais il n'y aura cette proximité, ce lien affectif que l'on a avec une maman. Mon père s'est très bien débrouillé, on a eu beaucoup d'affection et de câlins mais ce n'était pas toujours très naturel pour lui, il n'avait pas d'instinct "maternel" et cela lui a demandé énormément d'énergie. Jamais il n'aurait pu "remplacer" le rôle d'une mère! C'est impossible, c'est un homme. On ne peut pas demander à un homme d'agir, de réagir et de penser comme une femme, comme une mère. (Un petit big up pour mon papa au passage qui a tenté d'être aussi une maman dans l'histoire ^^!)

La solitude chez les mamans

Avant, quand il y avait une naissance, les femmes étaient entourées par les autres femmes de leur famille ou de leur tribu. Celles-ci épaulaient la jeune maman et lui permettaient de souffler, toutes les femmes s'occupaient de tous les bébés et enfants. L'homme n'avait souvent que très peu de place jusqu'à ce que l'enfant commence à marcher et à parler. Aujourd'hui nous nous retrouvons très souvent seule chez nous, on rentre de la maternité avec ce bébé tout rose que l'on ne connaît pas encore, on est enfermée entre nos 4 murs, on rumine, on n'a personne avec qui échanger (et souvent un gros manque de confiance en soi donc). Et c'est qui en prend plein son grade du coup ? Le conjoint quand il rentre du boulot....

Je pense qu'il y a un réel besoin de remettre en question les congés maternité des mamans, des papas, de mettre en place des services d'accueil pour ces mamans, des cafés papote, des endroits (plus d'endroits) où elles peuvent souffler, échanger, sortir de chez elles pendant le congé maternité ou pour les mamans au foyer. Nous n'avons pas toute la chance d'avoir une mère, une tante, une grand-mère ou autre qui puisse venir nous épauler. Et même si nous en avons, ce n'est pas forcément dans notre culture d'aller "aider" les autres. "Elle n'a qu'à se débrouiller avec son enfant, elle ne travaille pas". Et puis les personnes proches travaillent parfois (souvent) elles aussi et donc ne vont pas venir vous épauler et s'occuper de votre bébé alors qu'elles sont en congé.

Si vous souffrez de cette "charge mentale", ne vous énervez pas sur votre conjoint. Centrez-vous sur vos propres besoins. De quoi avez-vous besoin ? Comment pouvez-vous vous décharger au quotidien ? Sur quel(s) domaines pouvez-vous agir ? Quelles actions concrètes pouvez-vous mettre en place ? Si vous avez l'impression d'être dans une spirale infernale et d'être submergée, commencez par vous poser ces questions sur vous mêmes et sur vos besoins.

Je crois qu'il est important que chacune se pose des questions sur ses envies familiales et de mettre tout cela en commun afin de trouver un équilibre qui convient aux membres de votre famille. Le but est de réussir à trouver VOTRE équilibre à vous, celui qui fonctionne pour votre famille et où chacun de vous s'y retrouve, vous, votre conjoint et vos enfants. Il n'y a pas de recette magique.

Et vous, de quoi avez-vous besoin pour être plus épanouie ou plus zen dans votre parentalité ? Avez-vous des problèmes de charge mentale ? Vous sentez-vous épuisée, surchargée ? Que mettez-vous en place pour essayer de vous alléger ?