PHILO, CHOIX DE VIE, BOULOT, PRESSION SOCIALE, ÉPUISEMENT [QUI SUIS-JE?]


J'ai toujours aimé la philosophie, à l'école secondaire, en en sortant d'ailleurs je voulais étudier la philosophie. Je crois que je l'ai déjà écrit d'ailleurs dans un article précédent. Je voulais étudier la philo, ça me correspondait vraiment ! Sauf qu'à ce moment je n'avais pas assez confiance en moi et je ne savais pas vraiment qui j'étais et qui je voulais être (oui je sais la philo aurait pu m'aider pour le coup). L'entourage m'a rabâché qu'il n'y avait aucun débouché dans ce domaine et m'a donc mis une grosse pression pour que je fasse « quelque chose d'utile » qui déboucherait sur « quelque chose » = un travail. Débouchés, déboucher... ça sonne un peu chiottes non ? ...

BURN OUT DE VIE (Ouais j'aime inventer des concepts)

Aujourd'hui, j'ai 30 ans, je suis en « burn-out de vie » même si je déteste les étiquettes et ce terme "en vogue", il faut bien identifier mon état : grosse fatigue mentale, physique, maux de dos chroniques et invalidants, problèmes digestifs chroniques, manque d'énergie et problème à l'hypophyse. Ça ne se voit pas forcément - même pas du tout en fait - mais mon corps et mon esprit le sentent bien, ça je peux te le dire. Même si j'ai l'air « bien », que je souris et que je réponds « oui ça va » quand on me demande comment je vais. De toute façon la majorité des personnes ne comprendraient pas cet état si ce n'est ceux qui sont passés par là. Quand je parle de « burn out de vie » c'est parce que ce n'est ni un burn out maternel ni un burn out de couple, ni un burn out professionnel ni un burn out diagnostiqué par un médecin d'ailleurs. Non, je sais dans quel état je suis et c'est beaucoup plus général. En fait, c'est un gros tout, c'est l'environnement dans lequel je vis et la manière dont s'articule la vie dans la société dans laquelle je suis qui a conditionné cet état.

Exemple de pression sociale sur la femme. Extrait d'un livre qui m'est inconnu, si vous le connaissez je veux bien l'info !

LA PRESSION SOCIALE

Pour moi la société c'est : la famille, les amis, les proches, les voisins, le boucher, la boulangère, le pharmacien, le médecin, les publicités, les amis virtuels, les échanges fortuits bref tous ces êtres humains qui de par leur existence influencent mon quotidien. Je parle d'influence dans le sens où nous sommes des êtres sociaux sans cesse en « connexion ». C'est ça la pression sociale.

C'est à cause de ces connexions et pour cela que depuis 12 ans je me balade, j'oscille, je saute, je teste, je tâte et finalement je subis cette pression constante que la société exerce sur moi. Pour peu que l'on soit sensible voire hypersensible et que l'on soit – en principe – doté d'empathie, ces connexions, ces autres êtres humains avec lesquels nous vivons nous influencent au quotidien. Ils influencent nos humeurs, nos pensées, peuvent nous faire douter, nous inciter à nous remettre en question et nous mettent parfois une grande pression aussi.

Et la pression ça commence tout petit... Un nouveau-né se doit de ne pas trop pleurer, de faire très vite ses nuits et d'être « gentil » et mignon. Un enfant c'est somme toute un peu pareil, il doit se taire, ne pas trop crier, ne pas répondre, faire bonne figure et surtout être à la botte de ses parents pour être un « bon enfant ». Un adolescent se doit de ramener des bonnes notes à l'école, de ne pas faire une crise d'adolescence trop importante – quelques boutons sur la face et une passe gothique c'est bien suffisant -. A 18 ans l'adolescent presque devenu adulte se doit de choisir des études ou un métier qui DEBOUCHERA sur une stabilité financière et rassurera les parents et la société. Évidemment ce jeune adulte ne peut pas rater, se tromper, il doit rentrer dans le rang tranquillement pour rassurer tout le monde et qu'on sache exactement dans quelle(s) case(s) il se trouve.

TROUVER SA VOIE (UN TRAVAIL) SOUS PRESSION ? NON.

Le soucis quand on ne sait pas encore très bien d'où on vient, qui on est et où on souhaite aller – et je crois que cela concerne en fait des centaines voire des milliers de jeunes, enfants, adolescents ou jeunes adultes – c'est que cette pression peut être extrêmement néfaste pour notre développement. Cette pression ne nous aide pas à nous trouver nous-même, elle nous éloigne de nous-même et de notre essence même. Comment pouvoir « trouver sa voie » dans de telles conditions où on ne nous laisse même pas le temps ni l'opportunité de se tourner vers soi ? Chaque être humain est unique et aura un chemin unique dans sa vie.

Clairement aujourd'hui, la génération de nos grands-parents et de nos parents attendent de nous que nous ayons un travail stable (le CDI commence quand même à perdre la cote) mais il faut un truc stable, rassurant - tant financièrement que pour savoir quoi répondre à la fameuse question « tiens ton fils il fait quoi ? ». Il faut un diplôme, il faut un boulot, il faut une case.

ARRÊTEZ DE METTRE LA PRESSION SUR VOS ENFANTS (Oui c'est mon enfant intérieur qui s'exprime)

Ce que je trouve encore plus fou là dedans c'est que nous sommes en train de vivre une période d'évolution sans précédent à bien des niveaux. Les boulots de demain n'existent pas encore, le transhumanisme est en route, les robots arrivent pour nous remplacer et arrêter de faire de nous des esclaves. Dans le monde de demain l'humain ne doit plus, ne peut plus être au service de l'argent mais l'argent doit être au service des humains. On forme aujourd'hui pour des métiers qui n'existeront plus dans 10 ans... On est dans « un jus » qui coule coule très très vite et nos vieux sont dépassés. Leurs valeurs, leurs croyances n'ont plus de « sens » dans le « monde du travail » actuel et même le monde actuel tout court sous certains aspects. Beaucoup de jeunes exercent des métiers qui n'existaient pas il y a encore quelques années, beaucoup se créent leur propre métier et ceux-là, c'est sûr donnent un sens à leur vie. Maintenant il n'y a plus UN seul métier. Nous sommes capables d'en apprendre plusieurs, d'être polyvalents, autodidactes. Avec internet nous avons accès à toute l'information que nous souhaitons. Nous avons accès à des tas de formations en ligne.

Parents, renseignez-vous sur l'évolution du monde, sur les évolutions technologiques, scientifiques, éducatives...

Laissez vos enfants grandir, s'adapter au monde à leur rythme et trouver la place qu'ils souhaitent avoir et qui sera la leur et non la vôtre ou celle du voisin.

UNE VIE QUI A DU SENS

L'être humain est en quête de sens dès qu'il naît. Il cherche à donner du sens à sa vie. Chacun doit avoir l'opportunité de vivre sa quête. Donnez l'opportunité à vos enfants de pouvoir être en accord avec eux-mêmes, donnez-leur des outils pour apprendre à remettre le monde en question et à penser par eux-mêmes.

Tiens, j'ai commencé l'article en parlant de philosophie et finalement je suis en plein dedans ! Je pense que tout être humain qui n'a pas eu une période dans sa vie pour « penser » la vie ne pourra jamais être vraiment connecté à lui-même et au monde. Il erra... Simplement d'une maison à l'autre, d'une école à l'autre, d'un boulot à l'autre... Il aura une vie que je qualifierais de « superficielle », une vie sans fondement, une vie sans but précis. Une vie qui ne sert pas à grand chose au fond... Il se laissera ballotter en subissant les pressions de la société, il fera ce « qu'on attend de lui » et s'adaptera en fonction des différentes pressions sans jamais vraiment savoir qui il est.

Aujourd'hui j'ai envie d'être moi-même. Aujourd'hui j'ai envie de dire merde. Aujourd'hui j'ai envie d'être qui j'ai envie d'être même si cela ne rentre pas dans une case, c'est pas grave je vais la construire.

Aujourd'hui j'ai envie d'être libre de mes choix de vie. Aujourd'hui j'ai envie d'être connectée à moi-même. Aujourd'hui j'ai besoin de repos et de penser ma vie. Je veux être en adéquation avec tous les choix de vie que je peux faire chaque jour. Je veux être en accord avec moi-même. Aujourd'hui je veux écouter mon corps qui me dit REPOSE TOI, couche-toi et ne bouge plus jusqu'à que tu aies reconstitué des nouvelles cellules et que tu saches qui tu es. Alors aujourd'hui je vais l'écouter mon corps. Je vais l'écouter car c'est grâce à lui que je peux réaliser ou non des choses extraordinaires. C'est lui qui me portera jusqu'à ma mort.

J'ai besoin de repos, de vrais repos, physique, mental, de repos de « la société ». Je veux être seule, dans ma bulle et me ressourcer. Ce n'est pas à l'extérieur que je trouverais des réponses durables mais à l'intérieur.

Qui suis-je ? Je ne sais pas encore le formuler avec des mots mais je sens que c'est « là ». Mon corps le sait déjà. Je sens que j'y arrive et je sens surtout que c'est le repos et l'introspection qui m'aideront à me construire ma case.

Ce que je sais par contre c'est que tant que l'on ne sait pas exactement qui on est, tant que l'on est pas véritablement connecté à soi et ses émotions, on ne peut savoir ce qu'on veut faire dans le monde et quel sens donner à son existence.

Alors... Un conseil à tous les parents... Laissez vos enfants trouver des réponses et arrêtez de leur mettre une pression considérable. Tant qu'ils ne seront pas sortis indemnes de cette période de vie, de questionnements ils ne sauront pas ce qu'ils veulent faire ni « quel travail ». Laissez-les se trouver et laissez-leur le temps. Ne les laissez pas avoir une vie médiocre même si c'est le cas de la vôtre, il n'est jamais trop tard pour en changer...

"Faisons des choses qui ont du sens pour nous-mêmes avant de faire des choses qui ont du sens pour les autres".

Charlotte