Devenir maman, boulot & société


Je voudrais aujourd'hui vous parler de "comment je suis devenue maman" ou plutôt de quand je me suis sentie pleinement maman - non ce n'est pas dès que ma fille a atterri sur mon ventre après l'accouchement -.

Chaque femme, chaque mère a une histoire unique qui lui est propre. Toutes les femmes ne deviennent pas maman dès qu'on leur pose leur bébé sur le ventre, elles ne sont pas forcément toute "love" de leur bébé directement, elles vont avoir besoin de temps pour être en connexion avec lui et pour apprivoiser la maternité. Certaines seront "maman" dès qu'elles apprendront être enceinte, pour d'autres cela prendra le temps de la grossesse et pour d'autres encore, elles subiront peut-être ce rôle de mère tout au long de leur vie sans jamais vraiment le devenir. Beaucoup de facteurs entre en compte dans ce "devenir maman" : la mémoire de nos ancêtres, la relation avec notre propre mère, notre éducation, l'image de la femme que l'on a et de la mère, les répercussions de notre entourage féminin direct etc.

Donner la vie c'est merveilleux mais c'est surtout "prévu" pour la survie de l'espèce humaine avant tout. C'est avant tout un phénomène biologique et chimique tout ça avant d'être un événement émotionnel et un bouleversement psychique. L'espèce humaine a évolué jusqu'à nous en se reproduisant par instinct.

De nos jours, c'est bien différent. Ce besoin naturel de reproduction est toujours présent mais plus forcément pour tout le monde, certaines femmes font le choix de ne pas avoir d'enfants, d'autres ne peuvent pas en avoir, d'autres veulent adopter et ne pas vivre de grossesse. La dimension émotionnelle est bel et bien présente dans le processus de vouloir avoir des enfants aujourd'hui. Sauf que notre société n'a pas l'air de vouloir prendre ça en compte (ah, foutue société pudique qui veut que l'on cache ses émotions et que chacun soit rangé dans une case toute lisse). La case maman parfaite - ou je n'exprime pas mes émotions - : tu ne plains pas pendant la grossesse, tu es resplendissante le jour de ton accouchement, tu pleures quand ton bébé est né, tu le connais déjà et tu l'aimes forcément plus que tout au monde, tout va être beau, rose et couler de source et encore une fois, tu ne te plaindras jamais. QUE-NE-NI ! Tant mieux si à toi qui me lit cela t'est arrivé... Mais ce n'est pas le cas pour la majorité des femmes. Chaque femme sur notre planète ressentira et vivra la maternité différemment et il faut respecter cela. [C'est fou quand même qu'on nous rabâche toute la journée dans les journaux des faits divers moroses, tristes et négatifs qui peuvent nous mettre en colère aussi et parler d'une mère qui a des difficultés cela ne fait pas ou peu].

Pourquoi est-ce tabou de parler de certains aspects de la maternité ? Pourquoi ne pas parler de la réalité des événements ? De parler de la grossesse, de l'accouchement, des premiers temps avec son bébé sous tous ses aspects ? Je ne savais pas qu'on pouvait "ne pas se sentir maman tout de suite", je croyais que j'avais un "problème" et c'est d'ailleurs pour cela que j'en parle. Attention, quand je parle de ne pas se sentir maman, ce n'est pas "ne pas ressentir d'amour pour son enfant" évidemment... On l'aime mais on ne sait pas forcément comment s'y prendre avec lui tout de suite !

Il m'aura fallu un an pour commencer à me sentir pleinement maman. Ma fille a 15 mois et je me sens enfin à l'aise dans mon rôle de mère, à l'aise au quotidien avec toutes les tâches que cela implique, à l'aise avec cette responsabilité de devoir rendre autonome un autre individu, à l'aise avec l'idée d'avoir un petit être avec moi 24h/24. Nous avons fait des choix pour notre fille qui nous semblent forcément être les meilleurs pour elle. Nous la gardons à la maison car il nous semble évident qu'un bébé, un petit enfant, a besoin d'être avec ses parents, avec sa "base" pendant au moins un certain temps. Ce choix n'a pas été facile à mettre en pratique pour moi car la vision que j'avais eu de la "pratique" avec un bébé c'est que dès que l'enfant a entre 2 et 3 mois, on le met à la crèche 5 jours par semaine pour aller travailler à temps plein, c'est la norme m'voyez... Avoir son bébé 24h/24 ce n'était pas "ce qu'il fallait faire".

Quelques mois après la naissance de ma fille, j'ai repris un travail à mi-temps (mon mari la gardait lorsque je travaillais) et finalement je me suis rendue compte que je n'arrivais à rien dans aucun aspect de ma vie. Je pensais que j'allais m'épanouir dans mon travail à mi-temps (je n'allais pas travailler trop d'heures), que j'allais "prendre l'air" et surtout j'étais dans la norme, je travaillais. Certes je ne travaillais pas à temps plein mais à mi-temps tout de même. Je pensais qu'être une bonne mère c'était ça. Je pensais qu'en travaillant à mi-temps j'allais être disponible pour ma fille le "reste du temps" et qu'en plus de ça j'aurais du temps pour moi, pour dessiner, gérer mon blog et écrire mon livre. Quelle belle utopie ! Je ne suis pas une machine.... Nous ne sommes pas des machines bon sang ! Bref, je n'arrivais pas à m'épanouir correctement au travail car ma fille me manquait, j'avais l'impression que c'était du temps perdu, je n'arrivais pas à bien m'occuper d'elle lorsque j'étais chez moi, à profiter parce que j'avais toujours 10 mille tâches ménagères ou autres à faire et bien-sûr, je n'avais aucun temps pour moi et mes projets.

Après quelques mois, mon corps m'a fait comprendre qu'il était temps de changer de rythme : maux de dos très douloureux au quotidien, problèmes digestifs, rhino-pharyngite et autres joyeusetés à répétition.

J'ai pris la décision de démissionner et je m'occupe de mon bébé. J'apprends à organiser le quotidien et surtout j'ai commencé à prendre beaucoup de plaisir à jouer avec ma fille et à la faire participer à toutes les tâches au jour le jour. J'ai arrêté de voir tout comme une contrainte et comme une obligation. En gros si j'avais pu illustrer la situation pendant cette période, j'aurais dessiner mon bébé au centre d'une feuille duquel j'aurais fait partir des flèches nommant chaque tâche ménagère à accomplir (changement de couche, le bain, changer les vêtements, faire les courses, préparer la nourriture etc.). J'ai subi ce que je croyais être la maternité pendant quelques mois. J'étais dans une spirale négative, j'étais épuisée, je ne voyais que ces tâches qui se répétaient encore et encore et dont j'avais l'impression qu'elles ne se termineraient jamais.

Le jour où j'ai démissionné, j'ai commencé à m'organiser doucement, à prendre le temps, à relativiser et surtout à arrêter de me mettre une pression idiote pour ce foutu "ménage" notamment. Les nuages gris ont commencé à s'en aller doucement. J'ai pu reprendre le sport (sans le subir lui aussi), je suis beaucoup plus en forme, je suis à fond dans mon rôle de maman, j'adore ça et surtout, j'arrive à me dégager du temps pour mes projets. Ce n'est pas encore énorme comme temps actuellement mais c'est toujours ça. Si j'arrive à avoir 1h par jour je suis déjà contente, c'est mieux que rien ! Forcément, si je m'occupe "à temps plein" de ma fille, je vais avoir du mal à travailler à temps plein en même temps (même à mon compte), il faut rester logique. Et la nuit, je dors ! Mon but n'est pas de laisser ma fille s'occuper seule dans un coin pendant que je travaille, je veux être pleinement disponible pour elle quand elle est là.

Alors c'est sûr financièrement ce mode de vie a un impact (zut, je ne suis pas née dans le bon pays...) mais je suis totalement en accord avec mon choix tant que ma fille ne va pas à l'école. Plutôt que de continuer à "subir ma vie" (boulot-ménage-bébé) et à me dégoûter de cette maternité que je croyais n'être qu'une montagne de tâches barbantes à réaliser pour peu de moments "câlins", j'ai démissionné de mon boulot, je me suis reposée, j'ai réorganisé ma vie et j'ai apprivoisé autrement cette "maternité". Aujourd'hui je me sens pleinement maman et disponible pour ma fille, je me sens beaucoup plus libre dans ma tête, j'ai l'impression de faire ce que je dois faire pour elle mais pour moi aussi ! C'est tellement important d'être en adéquation avec ses valeurs et ses envies. Je préfère tout donner, humainement parlant, au quotidien à mon bébé plutôt que de la faire garder par des étrangers pour aller travailler pour payer ces mêmes étrangers qui vont la garder pendant que je travaille... Certains me diront qu'ils n'ont pas le choix, peut-être... Moi j'ai la sensation que tout est possible et qu'on a toujours le choix si l'on s'adapte.

Bilan de cet article, profitez de l'instant présent, ne vous mettez pas de pression inutile, faites des choix cohérents pour vous et vos enfants avec les contraintes ou les concessions que cela peut impliquer et surtout respectez-vous, respectez votre rythme... !

° Soyez heureux °

>> Illustration de Lise Desportes ou Lili aime le nougat >> Son blog >> Sa boutique en ligne


NEWSLETTER

Abonnez-vous à notre site
  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle
912d358c512a95dd1e069750b8ea16c0.png

 Slow Green Mama 2021