LE BLOG

Mis à jour : 23 déc. 2019

Allison France, Beauzelle

32 ans 2 filles de 3 ans et demi et 11 mois

As-tu toujours su que tu deviendrais maman ?

Non, bien au contraire


Quelle image avais-tu de la maternité avant d'être maman ?

Je voyais que les enfants c’était pas pour moi ! Trop fatiguant !

Comment se sont passés ton accouchement et ton allaitement si tu as allaité?

1er accouchement très long et stressants, des prises de sang sur la tête de bébé toutes les heures car je faisais de la température, tentative de retournement pas en bas, ocytocine, ventouse…


Allaitement compliqué car douloureux : en mixte à partir de 6 mois grâce aux super mauvais conseils puis sevrage induit à 18 mois.

2eme accouchement très long aussi (30h chacun en fait). J’ai voulu accoucher en salle nature, j’ai fini par pleurer pour la péridurale. Allaitement qui a démarré pareil… J’ai décidé cette fois ci de me faire aider mais suis tombée sur des incompétentes ce qui m’a valu un bébé affamé et depuis bébé est devenue une vraie sangsue… je me suis débrouillée pour tenir on est à 11 mois, un peu de DME mais bon le lait de maman c’est la vie !

Quelques mots sur ton quotidien actuel de maman ?

Très difficile, et pourtant je n’en ai que deux… la petite est un Bébé Aux Besoins Intenses et la grande en pleine explosion de ses émotions…. Et les deux qui épongent mes problèmes personnels.

Qu'est -ce qui est le plus difficile à gérer au quotidien dans ton rôle de maman ?

Pouvoir donner aux deux l’attention qu’elle demandent, et surtout voir la grande faire du mal à la petite sans réussir à vraiment comprendre comment on pourrait faire pour qu’elle arrête. Et aussi beaucoup, ne pas reproduire ce que j’ai vécu quand le réservoir émotionnel est en trop plein…

Qu'as-tu mis en place pour y faire face ?

On a essayé de lui parler, de lui demander si vraiment elle voulait pas de sa sœur. Je vais tenter la kinésiologie et aller voir une psychologue je pense. J’essaye de prendre sur moi, et de prendre du temps pour moi, même si on se sent coupable quand on le fait. Le grand paradoxe d’une maman…..

Et aujourd'hui, c'est quoi la maternité pour toi ?

C’est de se découvrir. Avant je n’avais pas vraiment de passion, j’ai trouvé une raison de vivre même si c’est dur.

Est-ce que tu changerais quelque chose dans ta vie de maman ?

Oui, essayer de plus lâcher prise… d’arriver à mieux me placer du point de vue de l’enfant.

Veux-tu d'autres enfants ?

Là j’avoue que je crois mes trompes se sont atrophiées avec ce qu’elles me font vivre 😂

Partage avec nous une phrase ou une citation qui te parle depuis que tu es maman :

Il faut apprendre à se faire confiance

Suite à une conférence d'Ingrid Bayot à laquelle j'ai assisté dernièrement, j'entame une série d'article sur le sujet car il me tient tout particulièrement à coeur et la conférence était une mine d'informations que tout le monde devrait connaître (et pas seulement les jeunes parents !). Je vais découper le sujet en plusieurs parties sinon l'article sera bien trop long. Il y aura tout d'abord cet article d'introduction, plus général sur le thème, ensuite je rentrerai plus dans les détails sur le vécu et les besoins de la mère et je rédigerai enfin un sur les besoins et l'histoire des bébés humains. Je vous parlerais peut-être aussi de comment j'ai vécu mon 4ème trimestre il y a 4 ans, c'était pas une mince affaire et d'ailleurs c'est surtout cette période qui m'effraie dans l'optique d'avoir un deuxième enfant.




La "dégestation" Très peu connu et peu considéré, le 4ème trimestre de grossesse existe bel et bien et est une période spécifique de la vie d'une maman à prendre en compte. En effet, la femme qui vient d'accoucher « n'arrête pas d'être enceinte » en une fraction de seconde bien que son bébé soit sorti de son ventre. Il faudra entre 6 semaines et 3 mois pour que le corps de la femme ne soit plus en mode « grossesse ». Pendant les 9 mois de la grossesse à proprement parlé, le corps de la femme subit d'énormes changements et bouleversements physiques. L'utérus va prendre jusqu'à 40 fois sa taille, le système respiratoire s'amplifie, vous êtes toujours en mode « marche rapide » même sans rien faire, les organes sont bousculés à gauche et à droite, l'intestin grêle absorbe jusqu'à 6 fois plus de nutriments que d'habitude, le volume sanguin augmente, afin que le bassin puisse s'élargir, vous développez une hyperlaxité... Le système cutané lui aussi est en pleine transition, il fabrique de nouvelles cellules pour permettre au ventre de grossir. Après votre accouchement, le corps a besoin de temps pour rétablir le corps « sans grossesse ». C'est ce que Ingrid Bayot nomme la "dégestation" par opposition à la gestation. Pendant cette période la maman a besoin de s'écouter, d'écouter son propre rythme et son corps. Après l'accouchement, elle doit en principe rester couchée le temps que son utérus retrouve sa taille car il exerce une pression sur le périnée et les ligaments du bassin qui sont toujours très relâchés suite au passage de bébé.

L'allaitement

L'allaitement se met aussi en place durant cette période (pour les femmes qui l'ont décidé), cela peut mettre un peu de temps et il est nécessaire d'être bien entourée. En effet, il sera plus ou moins facile à mettre en place selon l'histoire de la femme, si elle a été allaitée, si elle a vu ou non des femmes allaiter, selon la société dans laquelle elle vit, si elle est soutenue par son entourage proche ou une consultante en lactation mais aussi et surtout si elle a un entourage sur qui elle peut compter pour prendre le relais dans les diverses tâches ménagères/repas/courses. En effet, allaiter, c'est répondre « à la demande » de son nouveau-né et être 100% disponible. Allaiter prend du temps et pendant ce temps précieux pour le bébé, la mère ne peut pas faire autre chose. Alors, certes, notre société nous en donne peu mais si une mère veut allaiter son enfant, il faut tout faire pour l'aider à y arriver.

Ingrid Bayot insiste aussi en disant que ce n'est pas l'allaitement qui fatigue la femme, c'est tout le reste... . L'allaitement devrait être la norme et la priorité et tout ce qu'il y a autour devrait être organisé pour permettre à la mère de s'occuper sereinement de son enfant et d'elle-même.

Non la jeune mère n'est pas en congé Une jeune mère N'EST PAS en congé. Elle vient de faire grandir en elle un être humain pendant 9 mois (et la grossesse c'est fatigant pour le corps), elle vient d'accoucher, elle met en place son allaitement/biberon/soins, son corps doit récupérer, elle est fatiguée, les nuits sont hachées, elle doit découvrir son bébé, prendre une toute nouvelle organisation dans la famille, dans le couple et ce n'est pas rien. C'est tout sauf reposant. Comment soutenir une jeune maman ? Si vous avez une femme autour du vous qui s'apprête à être maman (peu importe si c'est la première fois ou la 4ème...), elle aura besoin d'un peu de votre temps ou de vos talents de cuisiner. Plutôt que d'offrir le dernier tipi à la mode dont n'aura que faire le petit dernier, proposez-lui votre aide pour le linge, un nettoyage, lui amener des petits plats à congeler, de garder les grands quelques heures, d'aller faire ses courses... Que sais-je encore. Tout ce qui pourra permettre à la maman d'être plus sereine, de pouvoir récupérer et de s'occuper à 100% de son nouveau-né. Bien souvent on pense que la maman a besoin quelques jours après l'accouchement, au moment des visites et puis terminé. Et bien non... La maman qui se retrouve seule entre ses 4 murs ensuite pour les 2 à 3 prochains mois, aura tout autant besoin de voir du monde, des adultes, de papoter, d'avoir quelqu'un qui berce son bébé pendant qu'elle prend une simple douche ou fait une sieste pour récupérer. Elle sera contente d'avoir des petits plats faits maisons tout prêts à être réchauffés... Sur le site d'Ingrid Bayot vous y retrouverez un fichier téléchargeable à imprimer pour proposer des « bons » cadeaux. « Bon pour une lessive » ; « Bon pour 3 plats »... Etc. Plutôt que de faire une liste de naissance classique, la maman proposera ces bons ! Avant la jeune mère vivait en tribu et elle était épaulée par toutes les femmes de la tribu. Elle avait du temps pour elle, pour se reposer, allaiter, bercer, endormir, câliner... Les autres femmes prenaient le relais. Aujourd'hui, nous sommes bien souvent seules à devoir tout gérer et il y a bien souvent trop dans l'équation.

Retrouvez le carnet chèque cadeau : ici


Ingrid Bayot est sage-femme et formatrice en périnatalité et allaitement. Détentrice d’un DU en lactation humaine et allaitement, elle assure des formations en Europe francophone et au Québec où elle réside depuis 1996.


La suite des articles : bientôt !



Françoise

25 ans

Flémalle, Belgique

Maman de Maël 17 mois


As-tu toujours su que tu deviendrais maman ?

Oui, j’ai toujours voulu avoir des enfants. C’était assez logique pour moi. Après les études si je trouvais le bon papa pour mes enfants, j’en voulais. A vrai dire, ça s’est fait encore plus rapidement que ce que je ne pensais. J’ai exercé 2 ans seulement et je suis tombée enceinte. Mon compagnon, étant un peu plus âgé que moi, était plus pressé. Et comme je savais que je voulais des enfants avec lui, dès qu’on a emménagé ensemble, je suis tombée enceinte de Maël après 2 mois dans notre nouvelle maison.


Quelle image avais-tu de la maternité avant d'être maman ?

Étant éducatrice spécialisée, j’avais déjà des idées concernant la maternité et l’éducation de mes enfants très claires. Je voulais agir d’une certaine façon et pas d’une autre. C’est sûr qu’il y a toujours des idées bien belles mais qu’en application, c’est pas évident de les respecter. Mais j’essaye de suivre ce que je voulais. Et mon compagnon est du même avis que moi concernant l’éducation des enfants, donc c’est sûr que c’est plus facile quand on est deux du même avis. Puis je veux aussi reproduire la même éducation que j’ai eue. Pour ce qui est de l’image de la maternité, je n’en n’avais pas précisément.


Comment se sont passés ton accouchement et ton allaitement si tu as allaité ?

Accouchement provoquée à J+4 car bébé très gros. 4,135 kg et 54,5 cm. La préparation a été longue et douloureuse. J’ai eu recours à la péridurale mais qui n’a pas fonctionné. J’ai vraiment souffert des contractions. J’ai eu l’occasion d’aller dans un bain à bulles pour atténuer les douleurs. Ça m a permis de me changer les idées, mais pas de diminuer la douleur. L’accouchement a été assez rapide, mais avec un bébé bloqué dû à une grosse tête. Utilisation des petites ventouses et tout s’est bien déroulé ! Bébé en bonne santé mais un peu épuisé et sonné par l’accouchement. Par contre pour moi, ça s’est compliqué. Hémorragies sur hémorragies, rien ne les faisaient stopper. Durant ce moment la, bébé m’a été enlevé et il est parti avec son papa. Au moment même j’étais vraiment dans les vapes mais j’ai un très mauvais souvenir de ce moment et de la douleur ressentie à chaque fois que la sage femme poussait sur mon ventre pour faire sortir les caillots. Je l’ai supplié d’arrêter mais elle était obligée de le faire. J’ai donc été opérée pour contrôler l’hémorragie. Le curetage fait, l’hémorragie à repris de plus belle. Puis s’est enfin stoppée grâce aux manipulations de la sage femme. Ça a duré très longtemps. J’ai accouché à 13h42. À 15h on se rendait compte de la perte de sang anormale. Durant deux heures les médecins ont tenté de stopper grâce aux médicaments. Puis de 19h jusqu’à 3h du matin, curetage et intervention des médecins. Mon bébé était pas avec moi et j’étais très triste sans lui. J’avais envie de l’avoir près de moi. Il s’est mis à dormir jusqu’à mon retour dans la chambre. Maël garde encore des séquelles de cette séparation. Il est en panique dès qu’il ne me voit pas, durant la nuit. Ayant perdu des litres de sang, j’ai dû être transfusée. Ce qui m’a retardé ma montée de lait. Maël était au sein 24/24h et ma montée de lait est arrivée le 4ème jour. L’allaitement s’est mis en place assez facilement, mais bébé au sein nuit et jour pour assurer un bon lait ! Pas de tétine ni de biberon, pour ne pas faire face à une confusion. Il a juste dû être complémenté au gobelet 2x car il faisait de la température et il avait besoin d’hydratation. A l’heure actuelle, j’allaite toujours Maël nuit et jour, un nombre incalculable de fois !


Quelques mots sur ton quotidien actuel de maman ?

J’ai arrêté de travailler à la demande de mon compagnon et cela me convenait très bien. Je m’occupe à 100% de mon petit garçon et ma journée s’organise autour de lui. Je fais tout en fonction de son horaire à lui et de ses besoins. Plus petit, je dormais durant ses siestes pour récupérer. Maintenant, je me lève a son rythme , et on prend le temps ! On joue, on se câline, on profite à fond ! Il m’accompagne partout et me suit partout. Il va jouer chez sa Mamy lorsque je vais m’occuper de mes chevaux ou bien il vient avec. Il va s’occuper de ses deux petites poules. Il cuisine avec moi, il lave avec moi, il range,... et bien sûr on joue beaucoup.


Qu'est ce qui est le plus difficile à gérer au quotidien dans ton rôle de maman ?

Le plus difficile à gérer ? Le fait qu’il ne dorme toujours pas correctement et me réveille encore 5 à 10 fois par nuit. Heureusement que je ne travaille pas mais depuis 17 mois je n’ai pas eu un cycle complet et c’est parfois très difficile à tenir. Je me sens parfois épuisée et donc moins de patience. Sinon, aussi, c’est parfois l’angoisse et l’inquiétude quand il est malade. Je me sens parfois si impuissante face à certaines douleurs ( dents, bronchiolite,...)


Qu'as-tu mis en place pour y faire face ?

Pour les nuits, j’ai tout essayé. Médecin, orl, chiropracteur, micro kiné , ostéopathe, kinésiologue. Mais rien n’y fait ! Et le laisser pleurer pour qu’il arrête de m’appeler c’est hors de question. Je veux qu’il sache qu’il peut compter sur sa maman n’importe quand. Alors si c’est pour le laisser pleurer dans sa chambre, je lui apprends tout le contraire. Que même sur sa maman il ne peut pas compter. Alors sur qui pourra-t-il compter dans la vie ? J’essaye de faire des siestes quand c’est trop difficile. Ma maman le garde parfois le temps de faire ma sieste et ça me soulage. Pour ce qui est de l’inquiétude, je suis de nature assez anxieuse donc je n’ai rien mis en place vraiment. A part en parler et me renseigner sur les différentes choses à faire pour atténuer une douleur ou une maladie.


Et aujourd'hui, c'est quoi la maternité pour toi ?

La maternité pour moi maintenant, c’est vraiment faire passer mon enfant avant tout. Les jours, mois , années passent si vite que je ne veux manquer aucun moment important de sa vie. Je veux dire par là que toute la journée s’organise autour de lui et non ça ne me gêne pas. Je passe des heures à l’endormir mais bientôt, bien trop vite, il s’endormira de lui même. Bien trop vite, il n’aura plus besoin de moi autant que maintenant. Alors j’en profite et je me dévoue à lui a 100% pour ne rien regretter !


Est-ce que tu changerais quelque chose dans ta vie de maman ?

Pour rien au monde non ! Être tous les jours avec mon bébé, l’élever et m’occuper de lui, je ne le regrette vraiment pas. Le travail ne me manque pas. J’aime ce que je fais ! Et je suis occupée toute ma journée !


Veux-tu d'autres enfants ?

Oui ! On va construire notre nouvelle maison familiale puis nous agrandirons notre famille :)


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Aucune somme d’argent et aucun succès ne vaut plus que le temps passé en famille


>> François tient un blog "Jeune maman au foyer", retrouvez-le ici

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Un grand merci à toi pour ton témoignage !



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